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lundi, 25 octobre 2021

TRANSPORT URBAIN : En attente d’une réorganisation du secteur, les taximen motos font la tête dure

En attendant une réglementation attendue en 2021, le ministre des Transports et des Infrastructures, à travers la Direction Nationale des Transports Terrestres, Maritimes et Fluviaux (DNTTMF) avait décidé, le mardi 1er décembre 2020, de suspendre l’activité des motos taxis qui ont envahi ces deux dernières années la ville de Bamako. Mais, cette décision du ministre, qui est intervenue suite à des plaintes récurrentes récemment émises par les syndicats des taximen automobiles pour dénonciation de concurrence déloyale, n’a finalement eu d’effet que le jour où elle a été prise. En clair, les motos taxi continuent à opérer en toute quiétude dans la ville de Bamako.

Pour motiver sa décision, le ministre des Transports et des Infrastructures à travers la Direction Nationale des Transports Terrestres, Maritimes et Fluviaux (DNTTMF) avait évoqué un souci de lutter contre la prolifération anarchique des motos tricycles et des motos taxi dans l’irrégularité totale. Par conséquent, il avait invité tous les conducteurs de motos tricycles à se conformer à la réglementation en vigueur en se dotant de la carte grise, de la plaque d’immatriculation, du permis de conduire, de l’assurance et de la vignette.
Quant aux propriétaires des motos taxi, ils devaient s’inscrire à la Mairie du District de Bamako et à la Compagnie de la Circulation Routière. Mais plus d’une semaine après sa décision jugée brutale par les taximen motos, le ministre des Transports et des Infrastructures peine à se faire comprendre.

« Il s’agit d’une question de survie ! »
Chez les taximen motos, l’incompréhension est toujours forte et la mesure prise par le ministre jugée trop barbare. Selon Soungalo Traoré, un jeune diplômé de la FSJP reconverti en conducteur de taxi moto faute d’emploi, rencontré derrière la gare de la Guinée « La Guinée Place », il n’a jamais cessé d’opérer malgré la décision du ministre. « C’est une question de survie. C’est dans ça que je trouve le gagne pain de ma famille. Je n’ai aucune autre source de revenu. C’est une question de survie. Je signale aussi que je ne suis pas contre la réglementation du secteur. Mais la décision du ministre a été trop brutale. Il a simplement cédé à la pression des taximen automobiles. Et nous ne sommes pas prêts à céder facilement », s’énerve le taximan auto qui signale quand même opérer en évitant les policiers pour n’avoir pas respecté la décision du ministre.

Dans cette gare improvisée par les taximen motos, l’ambiance d’antan a pourtant cédé la place à la peur. Auparavant bondée de taxis motos, l’endroit est presque vide. Seules quelques têtes dures comme Soungalo Traoré continuent à défier la décision du ministre. Même là, ils exercent prudemment en restant en permanence assis sur leurs motos. Mamadou N’Diaye en fait aussi partie. Assis sur son taxi moto prêt à prendre la fuite, il prend pour cible les taximen automobiles : « ce sont des égoïstes, des aigris. Ces gens ne veulent pas du tout nous voir dans la circulation. Mais nous n’allons pas leur faire ce plaisir. Ils ont induit le ministre en erreur en oubliant que ce secteur aide aujourd’hui beaucoup de jeunes maliens sans emploi à éviter des chemins tordus comme le vol », tempête notre interlocuteur.

Non à la concurrence déloyale !
Selon Kalilou Diarra, un membre du syndicat des taximen automobiles, le seul vrai problème qui existe entre eux et les taxis motos réside dans le fait qu’ils les concurrencent déloyalement. « Notre combat est un combat contre l’injustice. Nous avons des concurrents sur le terrain qui ne payent pas les mêmes droits que nous à l’Etat. La quasi-totalité de ces taxis motos ne sont pas taxés comme un taxi commerçant. Leurs conducteurs de taxis motos ne payent pas la taxe de stationnement à la marie et n’ont pas de carte de transport au même titre que nous. Pourtant ils nous concurrencent. Normalement la vignette d’une Mercédès 7 chevaux est fixée à 12 000 F CFA, mais dès que tu en fais un taxi, la vignette te revient à 88 000 F CFA. Malheureusement tel n’est pas le cas chez les taxis motos qui payent seulement la vignette d’une moto personnelle. Pire, c’est des conducteurs qui n’ont même pas de permis de conduire. Tout cela est de la concurrence déloyale. Mieux, nous commençons, nous les taximen automobiles, à avoir de sérieux problèmes avec les propriétaires de taxis. Il faut rappeler que beaucoup d’entre nous ne sont pas propriétaires de leurs taxis automobiles. Le hic est que nos taxis ne font plus de recettes malgré que nos patrons payent la vignette taxi à 88 000 F CFA par an. Notre marché est pourri par les taxis motos qui ne payent pratiquement rien », dénonce le syndicaliste.

Vers une réorganisation en début d’année.

Selon le Directeur de la Régulation de la circulation des transports urbains de la Mairie du District de Bamako, Djibril Sidibé, l’autorisation de faire le taxi moto a été accordée pour la première en 2018 à la société de transport ‘’Téliman’’ qui a commencé avec 50 motos. « C’était un projet pilote. C’était pour se faire une idée sur comment ça fonctionne », explique-t-il.

Mais à l’en croire, des réflexions sont actuellement en cours et la Mairie du District s’apprête à fixer des mesures d’organisation et d’exercice du métier en début d’année 2021.

Via investirmali.com
Youssouf Z KEITA

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