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lundi, 19 avril 2021

Taux de consommation du poulet au Mali-rentabilité commerciale: Tout ce qu’il faut en savoir

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La croissance de la population malienne estimée aujourd’hui à de 20 millions d’habitants et l’urbanisation galopante avec un plus grand pouvoir d’achat sont de puissants moteurs favorisant la croissance de l’élevage de la volaille au Mali. Le nombre de volailles en élevage commercial représente aujourd’hui un peu moins de 12% de la population avicole totale (3,5 millions en 2018).
Après l’apparition de la Grippe aviaire dans certains pays voisins du Mali en 2006 (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Niger, Nigeria) une psychose a régné dans le monde des aviculteurs commerciaux et il y a eu une baisse drastique de l’élevage avicole commercial. Cependant en 2007, l’activité avicole a repris de plus bel avec un effectif de plus de 3 millions de sujets de volaille en 2009 dont 761 500 poulets de chair, une spéculation qui connaît en ce moment un fort engouement, selon une étude réalisée par la FAO au Mali sur ce sous-secteur de l’élevage.
Pas grand-chose à faire pour commencer
Le chiffre d’affaires du retraité Yaya Sangaré est estimé aujourd’hui à près d’un milliard de FCFA (2 millions USD). Mais il soutient qu’il a commencé avec quelques maisons sur un terrain relativement petit. Bien qu’il reconnaisse que la croissance de son entreprise nécessite un financement important, des terrains, des infrastructures et autres intrants.  » Ceux qui désirent démarrer ne devraient pas être découragés par ce niveau d’investissement », conseille Yaya Sangaré.
La production de viande de volailles en 2012 se décomposait comme suit selon la même source: •Nombre de poulets traditionnels consommés annuellement : 12 340 453 (nombre de volailles vendus dans les différents marchés et foires au Mali – Rapport DNPIA 2012) ; ce qui correspond à 12 340 tonnes de viande (avec un rendement carcasse de 1 kg) •Nombre de poules de reforme provenant des élevages de ponte (500.000 poules) soit 600 tonnes de viande (avec un rendement carcasse de 1,2 kg) •Nombre de poulets de chair dérivés des importations et des couvoirs locaux : environ 2 500 000 de poussins dans l’année; en tenant compte d’un taux de mortalité pendant l’élevage de 5% et d’un rendement carcasse de 1,5 par sujet, la production annuelle en viandes de poulets de chair s’est élevée à 3 560 tonnes.
Ces données consolidées donnent une offre de 16 500 tonnes. Cette production de viandes de volailles représente 29,11% de la production totale de viande (56.685 tonnes toutes viandes confondues, Rapport 2012 DNPIA). Il convient de signaler que cette production ne concerne que la production commercialisée, elle ne prend pas en compte l’autoconsommation au niveau des producteurs.
Consommation
Consommation de viande de volailles (en moyenne calories/personne/jour), (en kg/personne/an) : Figure 6.a et 6.b: Pas d’informations détaillées disponiblesSi on rapporte la production totale de 16 500 000 kg de viande de volaille à la population totale de 20 millions de personnes, une personne consomme en moyenne 2,1 kg de viande de volaille par an. Rapporté à la population urbaine (7 255 000 habitants), consommatrice de la quasi-totalité de la production de viande de volailles, le chiffre avancé serait de 3,9 Kg/personne/an.
Quant à la production d’œufs, le cheptel actuel de poules pondeuses se chiffre à environ 1,5 million de sujets. En tenant compte des paramètres zootechniques suivants : •Taux de mortalité (10 %) ; •Production annuelle/poule/an 250 œufs ; une production totale annuelle de 225 000 000 d’œufs est attendue ; avec un poids moyen de 50 grammes par œuf, la production annuelle serait de 15 250 tonnes d’œufs pour le secteur moderne auxquels il faudra ajouter la production d’œufs de pintade du secteur traditionnel.
Comme indiqué par Sangaré (2005) dans sa monographie sur l’aviculture traditionnelle en Afrique de l’Ouest, la population de la volaille locale est constituée de poulets pour près de 80 % et de pintades à environ 18 % ; le reste est constitué de canards, de dindons et de pigeons. Aussi, l’effectif de pintade au Mali pourrait être estimé à environ 6 millions.
En se basant sur les paramètres zootechniques suivants : •Sex-ratio (50%) ; •Taux de mortalité annuel (10%) ; •Une période de ponte Juin à Octobre. Le nombre d’œufs pondus par pintade/saison de production serait de 90 œufs, soit pour les 2,7 millions de femelles une production annuelle de 243 millions d’œufs de pintade. Environ 60 % de la production sont réservés à la reproduction et 40% à la vente ; ce qui représente 97 millions d’œufs de pintades disponibles pour la consommation humaine. Avec un poids moyen de 30 g l’œuf, le poids de la production annuelle d’œuf de pintade s’élève seulement à 2.910 tonnes.
La production totale d’œufs de consommation humaine sera de 322 millions d’unités (pondeuses + œufs de pintade) pour un poids total de 14.160 tonnes, selon la FAO. Ce tonnage rapporté à la population du Mali donne une consommation moyenne annuelle d’œufs est de 1,07 kg/habitant. Les œufs issus de l’élevage familial ne sont pas consommés, ils sont gardés de essentiellement pour la reproduction. La production commerciale des poulets de chair (estimée à près de 3560 tonnes (DNPIA 2012) et les poules de réforme (pondeuses 600 tonnes) sont consommées en partie par le secteur de la restauration (à côté de l’apport du secteur avicole familial 12 340 tonnes). Même si le secteur avicole commercial ne représente en terme d’effectifs qu’environ 10% de la population aviaire, il joue un rôle important dans la sécurité alimentaire notamment en zone urbaine et périurbaine. Les productions d’œufs des poules locales des élevages villageois sont essentiellement destinées à la reproduction. La disponibilité des œufs de pintade est très saisonnière.

La rentabilité
Le prix de revient de l’œuf pour le producteur se situe entre 45 et 50 FCFA l’unité et il est vendu entre 60 et 65 FCFA sur le marché.
Le prix de vente au consommateur du poulet sur les marchés, oscille entre 2 000 et 4 000 Francs CFA l’unité. Le poulet de chair est vendu à Bamako entre 2 000 et 2500 FCFA / Kg. Dans des zones à forte demande, comme la zone minière de la région de Kayes, les prix peuvent atteindre 4000 FCFA / kg.
On peut dénombrer une vingtaine de grandes exploitations (plus de 10 000 sujets) pratiquant une aviculture intensive de type intermédiaire entre les types 2 et 3 de la typologie FAO. Les aviculteurs dans ces catégories de la typologie FAO sont les plus nombreux mais restent néanmoins très hétérogènes du point de vue de la taille des exploitations (500 à 10000 sujets) et de la conduite de l’élevage, en particulier dans le respect des normes biosécuritaires (prophylaxies médicales et sanitaires). Tenant compte des données disponibles et de la situation spécifique du Mali, en référence à la classification de la FAO en quatre secteurs avicoles, on peut constater: que seule l’exploitation avicole SODOUF satisfait aux exigences d’un véritable système industriel intégré de production avicole tel qu’il est défini par le système 1 de la typologie FAO.
SODOUF (Société Doucouré et Frères) qui possède une ferme de 100 000 pondeuses et un élevage de 30 000 reproductrices pour la production d’œufs fécondés et de poussins d’un jour; il dispose aussi d’une chaîne d’abattage, route de Koulikoro. AVIFARM (Dr Seydou Sow) plus de 50 000 pondeuses en batterie, route de Koulikoro; -Élevages Boubacar Doumbia plus de 50 000 pondeuses en batterie à Tienfala. Élevages Batié Sidibé plus de 50 000 pondeuses au sol à Banankoroni. Élevages Mamadou Diarra plus de 50 000 pondeuses au sol à Ouenzindougou.
Les intervenants de la filière avicole sont nombreux et sont désormais organisés en associations d’aviculteurs, en coopératives d’aviculteurs (commerciaux et villageoises), coopérative des producteurs de poulets de chair COOPROCHAIR, en associations des provendiers, des accouveurs, des marchands de volailles, des vendeurs d’œufs, des abatteurs de volailles et des techniciens en aviculture. Les techniciens en charge de l’encadrement du secteur sont regroupés au sein de l’association des techniciens de l’aviculture (ATAVI) au Mali. La majorité des associations est basé à Bamako. Le niveau de qualification du personnel technique employé est très variable. Aucune information documentée n’a pu être obtenue sur le chiffre d’affaires consolidé de la filière. Selon certains acteurs clé de la filière enquêtés, ce chiffre d’affaires était déjà en 2005 de plus de 25 milliards de Francs CFA; ce qui semblait bien correspondre à la 5ème place occupée à l’époque par la filière avicole du Mali dans sa contribution aux 200 milliards de Francs CFA de chiffres d’affaires rapportés pour l’ensemble de la zone UEMOA.

Poulets locaux se raréfie, au profit des poulets de chair
De jour en jour la consommation des poulets locaux se raréfie, au profit des poulets de chair qui s’achètent comme de petit pain. Les marchés de Bamako et autres points de braise sont inondés de poulets de chair.
En effet, on retrouve de plus en plus de poulets braisé un peu partout à Bamako : devant les boutiques, les alimentations, les restaurants …. Et pour cause, le prix d’achat du poulet de chair est moins cher par rapport au poulet local. Ce qui permet à ces vendeurs de faire des bénéfices. Par exemple: le poulet de chair est vendu à 2 200 FCFA le kg. Les commerçants vendent même les pièces (petits morceaux) à savoir : les ailes, les cuisses et autres parties du poulet. Toute chose qui fait que la clientèle ne cesse d’augmenter.
Au marché central de Sabalibougou, note-t-on, le poulet de chair est à la portée de toutes les bourses. Dans ce marché, le prix du poulet est fixé selon sa durée de vie. Ici, il y a des poulets de chair surgelés comme des poulets frais que tu viens d’acheter, égorger et déplumer sur place.
«Les poulets de chair sont les très prisés de nos jour. Je peux vendre au moins 50 poulets par jours, surtout aux restaurateurs qui sont mes principaux clients», a déclaré Bakari Traoré, vendeur de poulets de chair au marché de Sabalibougou.
Présentement, les éleveurs de poulets de chair se frottent les mains. Le poussin d’un jour se vend à 700 FCFA. Et le cycle d’élevage tourne entre 30 à 40 jours.
«L’essor du poulet de chair est en parfaite évolution aujourd’hui. Au regard de la forte demande, il n’est pas parfois facile de respecter les délais, mais on y arrive. Le cycle d’évolution varie entre 30 à 45 jours. Les restaurateurs demandent plus les poulets de 30 à 35 jours qui font environ 1kg 200. Concernant les poulets de 45 jours qui font entre autre 1kg 700 et 2kg, ils sont surtout sollicités pour la consommation à domicile.
Ce business est très rentable. En 50 jours d’activités, au plus, tu récupères dès fois le triple de ton investissement, si le cycle se déroule normalement», témoigne Ibrahim Diakité, aviculteur.
Toutefois, il faut souligner que certains refusent ces poulets de chair dont on ignore la provenance, la manière d’égorger ces poulets, sans oublier que même morts, certains revendent ces poulets de chair.
Lancer un élevage de volaille
De plus en plus d’Africains s’intéressent à l’aviculture et y voient une activité principale génératrice de revenus. De la gestion des ressources au choix de la race de poulet en passant par l’entretien du poulailler, il est important de connaître certaines règles pour se lancer dans ce projet.

Les connaissances nécessaires
Pour se lancer dans l’élevage des poulets, il faut se renseigner sur les différentes races de poulets (les races hybrides, les races locales et les races commerciales), le marché local de l’élevage, et la durée de vie des poulets de ferme. Les connaissances en matière d’alimentation pour volaille sont incontournables (généralement de la provende).
L’élevage le plus pratiqué est l’élevage en concentrations. Toutefois, il implique des besoins en produits industriels.
Pourtant, les poulets peuvent se se nourrir sur le sol. En effet, les volailles trouvent beaucoup de nourriture par elles mêmes (graines, insectes, asticots, herbe, …) qui sont d’excellentes sources alimentaires (protéines et minéraux notamment). Mais lorsqu’on enferme les volailles, elles ne peuvent plus accéder à cette source de nourriture, d’où les produits complémentaires, vitamines, minéraux, vaccins, etc. L’idéal serait d’élever les poulets en plein air pour éviter ces dépenses supplémentaires.

Comment apprendre?
L’élevage de la volaille ne demande pas de compétences particulières. Toutefois, il nécessite une grande expérience pour éviter de voir ses poulets mourir suite aux épidémies ou être attaqués par des ténébrions. Pour cela, on peut s’approcher des éleveurs et fréquenter les foires avicoles. Au besoin, on peut:
● Se former auprès des éleveurs de volailles (formations qualifiantes, accompagnement des réseaux agricoles)
● Choisir un positionnement commercial (concentration, bio, plein air…) et un réseau de distribution
● Identifier le terrain et les fournisseurs d’aliments et de poulailles
● Lister les besoins de démarrage et les dépenses courantes
● Elaborer les outils de communication
● Lancer la production
Combien faut-il?
Le montant total dépendra du nombre de poulets qu’on veut élever. Si le bâtiment d’élevage est disponible et que la main d’œuvre est familiale, il faut prévoir un minimum de 1850 FCFA, soit 2,82 euros d’investissement par poulet produit en 45 jours répartis comme suit :
● Poussin………………..405 FCFA 21,89 %
● Aliment……………….1 312,3 FCFA 70,94 %
● Produits vétérinaires….1 32,7 FCFA 7,17 %
● Total…………………..1 850 FCFA 100%
Quel équipement ou matériel?

Pour construire le poulailler, il faut choisir un espace à l’abri des intempéries et des prédateurs. Le poulailler doit se diviser en deux zones : l’enclos de promenade et l’abri pour dormir ou pour pondre (si on élève des pondeuses). La taille maximum du cheptel est de 3000 animaux par bâtiment. L’équipement du poulailler est constituée des abreuvoirs (pipette) et mangeoires, la litière (partie pondoir), les copeaux de bois et perchoir.
On peut prévoir un local de transformation si nécessaire, notamment pour transformer les oeufs en produits alimentaires. Cette seconde activité peut permettre de compléter les revenus. En outre, il faut procéder à un nettoyage régulier (au moins une fois par semaine).
Un stock d’alimentation à approvisionner régulièrement est également à prévoir. La consommation moyenne d’un poulet est de 135 g d’aliments et 200 ml d’eau par poule et par jour. Le nourrissage se fait plusieurs fois par jour, à des heures fixes.
NB: pour l’élevage des pondeuses, il faut noter qu’une poule en bonne santé peut produire plus de 220 oeufs par an ; sa productivité baissera au bout de 3 ans (penser à un achat régulier de poules pour équilibrer la moyenne d’âge).
Où s’approvisionner?
On peut trouver les poulets dans les marchés ou chez des éleveurs, et les poussins directement chez les accouveurs. Les foires avicoles sont un excellent moyen d’avoir des informations sur l’approvisionnement en matériel et en matières premières auprès des éleveurs.
Comment trouver de la clientèle?
La clientèle est constituée des ménages, des restaurants, et des revendeurs. Pour se faire une clientèle, on peut mettre en avant les spécificités de sa volaille (insister sur l’apport nutritionnel et les conditions d’élevage).
À quel volume/moment devient-on rentable?
La rentabilité d’un élevage de poules va dépendre de plusieurs facteurs:

● La taille de l’exploitation et le coût des investissements de départ
● Le poids du poulet
● Le coût d’achat des matières premières
● Le taux de perte (maladies, épidémies)
● Les vides sanitaires
● Le prix de vente du poulet et des oeufs
(la marge sera meilleure en vente directe au consommateur.)
On peut commencer l’activité de la volaille avec une bande de 250 poussins. La marge est à réaliser sur le prix des poussins, les dépenses liées à l’élevage, à l’entretien de la ferme et à la main d’oeuvre (pour un début, l’activité ne nécessite pas une grande main-d’oeuvre).
Le prix de vente moyen d’un poulet varie de 3000 à 9000 FCFA [ entre 4,57 et 13,70 euros], et le prix de vente moyen d’oeuf est de 75 FCFA (0,11 euro). Sur la base d’une marge de 1000 FCFA par poulet par exemple, et une vente de 200 poulets par jour, (en prenant en compte les possibles pertes liées à l’activité) on peut réaliser un chiffre de 200 000 FCFA en moyenne par jour, soit 304 euros environ. À cela s’ajoute la vente des oeufs et de la fiente de poulet comme engrais.
www.investirmali.com

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