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Menuiserie traditionnelle malienne : Un métier qui attire les Européens

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Jusque dans un passé très récent, les menuisiers traditionnels n’avaient comme clients quelques rares vieillards qui sont convaincus des vertus thérapeutiques des fauteuils qu’ils fabriquent. Mais, aujourd’hui, la menuiserie traditionnelle a beaucoup évolué et ses acteurs réalisent actuellement des merveilles. Ce domaine d’activités au Mali charme de plus en plus les Européens qui sont ses principaux clients. Mieux, les Maliens commencent à changer de mentalité quant à la consommation de ces produits locaux. Toutefois, le bout du tunnel d’une menuiserie traditionnelle malienne épanouie, n’est toujours pas atteint à hauteur de souhait.     

Depuis trois ans, Saïbou Koné, maître menuisier traditionnel a décidé de faire carrière dans ce secteur d’activité. « Je l’ai appris auprès de mon oncle qui l’a lui-même appris et pratiqué en Côte d’Ivoire », indique le jeune homme.

Selon lui, ce type de menuiserie traditionnelle est une création ivoirienne. « Comme matière première, nous travaillons beaucoup avec le rotin  qui est une lanière jaune pâle utilisée pour fabriquer des meubles. Cette matière première est exportée de la Côte d’Ivoire ou de la Guinée Conakry. Elle sert à attacher  les bois. On ne la trouve pas au Mali», explique Saïbou Koné.

A l’en croire, un lot de rotin se paye au Mali très cher. Il faut débourser 10 000 F CFA pour un lot soit le nécessaire pour la confection de deux salons seulement. En plus du rotin, les menuisiers traditionnels utilisent aussi du raphia. « Nous pouvons tout faire avec ces matières. Nous concevons des fauteuils traditionnels avec du chiffon et du coton. Le choix revient aux clients. Le fauteuil conçu avec du coton est vendu entre 75 000 F CFA et 100 000 F CFA. Celui conçu avec le chiffon est livré entre 120 000 F CFA et 150 000 F CFA. C’est des fauteuils qui ont une durée de vie plus longue que celle des fauteuils bourrés modernes. Ils restent intacts au moins durant 15 ans voire même plus », informe le menuisier.

Selon lui, il y a des mois où il peut vendre plus de deux salons, sans compter que pratiquement tous les jours il procède à  des petites réparations de tables, de fauteuils ou chaises. « Notre avantage est que nous maitrisons aussi la menuiserie classique. Nous sommes en quelque sorte polyvalents », précise Saïbou Koné.

Par ailleurs, il regrette le fait que les Maliens ne valorisent pas beaucoup ces produits. « La plupart de mes clients sont des occidents en séjour au Mali ou  des étrangers qui viennent ouvrir des restaurants à Bamako. Les clients maliens ne sont pas nombreux. Et l’Etat n’a jamais fait de commande chez moi. Pourtant nous sommes capables de faire tout ce que les menuisiers classiques font. Nous concevons des fauteuils, des armoires, des chaises et des tables à manger. Tout ce que ceux-ci peuvent faire sur la base du rotin et du raphia », explique le menuisier.

Selon lui, le problème qui coupe aujourd’hui le sommeil à tous les menuisiers maliens est le problème d’un emplacement adéquat et pérenne. « Nous souffrons beaucoup de manque de place. Nous occupons généralement des terrains vides appartenant des particuliers. Par conséquent, nous sommes obligés de changer d’atelier de façon permanente, et à chaque fois que le propriétaire a besoin de son  terrain», s’indigne Saïbou Koné.

Les raisons d’acheter les fauteuils traditionnels

Comme Saïbou Koné, Bayiri Sanogo, fabriquant de fauteuils traditionnels derrière le centre islamique de Bamako, évoque lui aussi, les difficultés d’accès à la matière première. « Nous travaillons avec une matière première qu’on ne trouve pas n’importe où. Généralement, on ne la trouve que dans les ruisseaux entre deux collines. Le rafia ne pousse pas partout. Pareil pour les bambous qui nous servent de pointe », signale le menuisier.

Selon lui, quand il commençait ce métier, les Maliens sabotaient leurs produits. Mais, ils commencent à venir acheter. « Je crois que nous devons ce changement de mentalité aux blancs qui ont beaucoup fait dans la promotion de nos armoires artisanales. « Dieu merci, aujourd’hui les clients maliens commencent à venir », se réjouit-il.

Selon Bayiri Sanogo, il y a plusieurs raisons pour lesquelles les Maliens se doivent d’aimer les produits de menuiserie traditionnelle. « Les fauteuils, que nous fabriquons, sont adaptés à notre climat. C’est des fauteuils qui ne se surchauffent pas quelque soit le degré de la chaleur. En plus, ces fauteuils soignent les maux de dos », vante le menuisier.

Youssouf Z KEITA

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