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dimanche, 18 avril 2021

Médecine traditionnelle au Mali: Un métier payant, malgré d’énormes difficultés

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Malgré le développement de la médecine moderne, celle-ci continue à cohabiter avec la médecine traditionnelle. La majorité des Maliens alternent les deux types de médecine. Il suffit de faire un tour chez les tradi-thérapeutes exerçant dans la ville de Bamako pour constater que la médecine traditionnelle a encore de beaux jours devant elle au Mali. Toutefois, ce métier, qui maintient dans l’espérance des milliers de tradi-thérapeutes maliens et leurs familles, est de plus en plus difficile à pratiquer. Reportage….   

« Nous souffrons énormément du manque d’appui. La preuve, nous travaillons actuellement dans un bâtiment inachevé. L’Etat nous avait promis de nous approvisionner en eau potable et mieux bâtir nos bâtiments afin que nos médicaments soient mieux conserver. Il avait aussi fait la promesse de doter le centre d’une machine broyeuse pour faciliter la transformation en poudre des racines et des écorces d’arbre que nous cueillons pour soigner. Mais, jusque-là, nous attendons », Issa Touré, un thérapeute traditionnel à Hamdallaye.

Par contre, il indique les autorités sanitaires maliennes les approchent et consultent de plus en plus rapport à la riposte contre les nouvelles pandémies. « C’est avec beaucoup de joie que nous participons à la politique sanitaire du Mali. Nous leur apportons au mieux notre aide. Cela vaut aussi pour les autorités sanitaires communautaires qui nous consultent aussi de plus en plus. Nous sollicitons toutes les bonnes volontés pour nous aider à trouver une solution au problème d’eau et de renouvellement de nos bâtiments.  Nous travaillons dans ces bâtiments inachevés depuis maintenant 20 ans. Aucune modification n’a été faite », plaide notre interlocuteur.

Un métier menacé !

Au-delà, les tradi-thérapeutes maliens souffrent actuellement des difficultés liées à l’acquisition des feuilles curatives. « Il n’est plus facile de trouver les feuilles thérapeutiques. Avant on pouvait les trouver facilement, mais maintenant il faut voyager  très loin pour les avoir du fait des habitations qui ont repoussé la brousse. Au moment où je commençais ce métier, on pouvait vendre les trois attaches de feuilles thérapeutiques à 25 F CFA. Mais plus maintenant. Aujourd’hui, on vend une seule attache de feuilles à 50 F CFA du fait de la difficulté lié à leurs acquisitions. Sans compter, qu’il y a même certaines feuilles qui sont vendues à 500 F CFA par attache du fait qu’elles ne sont pas facile à trouver. Le prix évolue en fonction de l’accès facile ou non des feuilles », poursuit Issa Touré.

Toutefois, il remercie le bon Dieu du fait qu’il arrive à vivre de ce métier. « Les patients viennent régulièrement. Au Mali, particulièrement les familles de faibles revenus passent d’abord nous voir avant d’aller chez les médecins modernes. Aujourd’hui, nous sommes très nombreux à vivre de ce métier. Rien que dans cette cour, nous sommes estimés à 40 thérapeutes traditionnels », se réjouit le tradi-thérapeute.

Des interpellations récurrentes des Eaux et Forêts…

Drissa Traoré est un tradi-thérapeute spécialisé dans l’administration des remèdes contre les maux des enfants. « Dans notre métier, nous avons d’énormes soucis avec les agents des Eaux et Forêts. Nos apprentis font régulièrement l’objet d’interpellation. Or, nous ne touchons qu’aux feuilles et aux écorces des arbres dans un but purement thérapeutique. Mais aujourd’hui, les agents des Eaux et Forêts font rarement la différence entre nous et les producteurs de charbon. Nous avons tous les problèmes du monde aujourd’hui à nous procurer de ces produits thérapeutiques traditionnels. Nous demandons aux agents des Eaux et Forêts de tenir compte du côté positif de notre travail et de nous simplifier la tâche. Pour ne pas de se faire surprendre par les agents, il faut avoir un document délivré par la direction nationale des Eaux et Forêts. Mais, une fois que ce papier est périmé, tu as des soucis. C’est tolérance zéro.  Le problème est que l’acquisition de ce document n’est pas une chose facile. On te fait subir des va et vient avant de te procurer le document », témoigne Drissa Traoré qui dit avoir hérité ce métier de son père. « Notre métier est d’une grande importance sanitaire. Tous les Maliens n’ont pas les moyens financiers pour se faire consulter dans les hôpitaux modernes. La consultation est gratuite chez nous. Seulement le malade ou ses parents payent les feuilles thérapeutiques qui sont cédées chez moi à 500 F CFA. Quant au profit, nous remercions le bon Dieu. Grâce à Lui et grâce aux feuilles thérapeutiques, nous parvenons à satisfaire les besoins nos différentes familles. Personnellement, je nourris environ 60 bouches avec ce métier. Le seul souci qui nous empêche de dormir aujourd’hui est les difficultés liées à l’accès aux feuilles et aux écorces thérapeutiques », informe le thérapeute traditionnel.

Selon Madou Doumbia, le doyen des tradi-thérapeutes dans le centre herboriste de Wôlôfoôbougou marché, les tradi-thérapeutes de la commune IV ont de réelles difficultés à conserver les herbes thérapeutiques. « Pour preuve, nous avons tous été envahis par l’eau de pluie lors de l’hivernage passé. Au-delà, nous souffrons également du fait que le tout monde est devenu aujourd’hui commerçants de produits thérapeutiques traditionnels. N’importe qui exerce ce métier aujourd’hui », dénonce le vieillard.

Youssouf Z KEITA

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