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jeudi, 22 avril 2021

Industrie textile : La Comatex-SA dans un coma irréversible

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La Comatex-SA est dans un état de mort clinique depuis plus de six mois. 27 ans après sa privatisation, la pionnière de l’industrie textile malienne passe de vie à trépas une deuxième fois après sa création en 1968. La raison, le refus d’exonération.

 C’est dans la Cité des Balanzans à Ségou que la Comatex a vu le jour en 1968. Victime de la vague de privatisations des années 1990 et qui avaient mis les métiers à tisser dans un long arrêt, l’usine a ressuscité quelques années plus tard en 1994. Il a fallu à l’époque la détermination du premier Président démocratiquement élu du Mali indépendant, Alpha Oumar Konaré, pour qu’elle reprenne vie. Cette-fois, d’entreprise d’Etat, elle est tombée sous l’escarcelle d’une entreprise chinoise, la Covec avec un capital estimé à 1,4 milliard de F CFA dont 80 % pour le repreneur et 20 % pour l’Etat malien à travers les infrastructures immobilières et mobilières. Elle prit alors l’appellation Comatex-SA.

L’Etat, bien qu’étant actionnaire minoritaire, a fait de son mieux pour sauver cette entreprise, jadis le fleuron de notre jeune industrie. Le contrat de privation a été signé avec une exonération d’une durée de 26 ans alors que la norme est de 10 ans. En plus, la CMDT approvisionnait la Comatex-SA en balle de coton fibre pour six mois de consommation payable à long terme. Malgré ce bol d’oxygène en continu, la société n’a pas pu sortir la tête de l’eau.

Expliquant les causes de cette banqueroute, certains cadres du ministère du Commerce et de l’Industrie et des ex-travailleurs de la Comatex-SA pointent du doigt la mauvaise gestion et l’opacité des responsables de l’entreprise. Selon leurs dires, elle est gérée de main de maître à tous les niveaux des finances et de décisions par des Chinois ou ceux qui leur sont très proches. Des accusations font même état de rapatriement de fonds et de blanchiment d’argent au détriment de notre pays.

Les créances en charges fixes estimées à 300 milliards de F CFA

La descente aux enfers de la Comatex-SA qui emploie 1 6 00 travailleurs permanents, date de plusieurs années. Les conséquences ont été des difficultés de paiements de salaires, des factures d’eau et d’électricités, de DDO et les dus de bien d’autres fournisseurs. Une mauvaise gestion qui a fini par plonger la société dans une agonie profonde. Le coup d’arrêt définitif est arrivé depuis 6 mois où l’usine est à l’arrêt complet avec comme conséquence la mise en chômage de milliers de travailleurs et ouvriers. Mais les agents de la Comatex-SA ont récemment gagné leur procès de réclamation d’arriérés de salaires devant le tribunal du travail de Ségou et attendent d’entrer dans leurs droits. Les créances en charges fixes sont estimées à environ 300 milliards de F CFA.

Les promoteurs de la société s’en défendent et imputent la crise aux matériels de travail vétustes et qui ne suivent plus la technologie depuis qu’ils l’ont reprise.

Sevrée de 27 ans d’exonération

Désabusé par la gestion calamiteuse de la Comatex-SA, l’ancien ministre du Commerce et de l’Industrie, sous IBK, Mohamed Ag Erlaf, a décidé de lui couper les vivres. Il lui a tout simplement sevré des 27 ans d’exonération dont elle bénéficiait en refusant de la proroger.

Et pourtant, la Comatex-SA ne chômait pas malgré ses multiples difficultés. Elle continuait de recevoir des commandes d’impression de tissus. Car la qualité de ses productions de tissus était jusqu’à présent prisée par la clientèle. Selon un ex-agent, la Comatex-SA ne parvenait même pas à honorer certaines commandes pendant des fêtes internationales dédiées aux femmes, aux enfants aux travailleurs, ou les fêtes religieuses et campagnes électorales, etc.

La Comatex fait partie de ces nombreuses entreprises créées par Modibo Kéita au début de l’indépendance de notre pays et qui étaient le fleuron de l’économie nationale. Elle a vu le jour en 1968 et devient du coup la première industrie textile du Mali indépendant. Avant de mourir de sa belle au début des années 1990 dans le cadre de la privatisation édictée par les institutions de Brettons Woods (Banque mondiale et le Fonds monétaire international).

La Comatex, comme tant d’autres industries de l’ère Modibo Kéita, participait au développement socioéconomique de notre pays et au raffermissement de notre souveraineté tant nationale qu’internationale.

Mali-Tribune

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