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jeudi, 22 avril 2021

Dossier sur le business de l’échalote au Mali

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C’est la région de Ségou qui constitue le plus gros bassin de production d’échalote/oignon au Mali (62%) suivie de Koulikoro (13%), de Mopti (11%) et de Sikasso (6%), puis de Tombouctou (5%). Les rendements moyens d’oignon au niveau national pendant les campagnes de 2013-2014 et 2014- 2015 sont de 19 588 Kg/ha pour l’oignon et de 22 212 Kg/ha pour l’échalote. Le rendement d’échalote est estimé à 30 182 Kg/ha dans les zones inondées de l’Office du Niger. Il tourne entre 30 000 – 35 000 Kg/ha dans la région de Mopti (Bandiagara).

La méthode traditionnelle de conservation est basée sur des infrastructures de conservation traditionnelle qui sont des abris précaires et/ou des greniers ou cases de conservation. Avec le stockage traditionnel, les pertes sont élevées : 60 à 80%. Une méthode de stockage amélioré dans des cases aérées a été mise au point et vulgarisé, notamment dans la zone ON. Il permet de réduire à environ 20% les pertes au stockage. Elle est basée sur des magasins construits spécifiquement pour favoriser l’aération et être dans des conditions optimales de conservation de ces produits périssables.
La transformation de l’échalote est assez répandue surtout dans le pays Dogon (Mopti) où elle est de l’ordre de 45% de la production totale, contrairement à la région de Ségou où elle est encore faible (environ 2% de la production de cette zone). Au total, d’après les données du PCDA, la quantité moyenne d’échalote transformée par an entre 2006 et 2014 est de 21 347 tonnes soit 8% de la production moyenne d’échalote en cette période.
La commercialisation d’échalote/oignon : en 2014, le Mali dégageait un déficit ou solde négatif de production de 849 tonnes d’échalote/oignon qui l’oblige à être importateur de ce produit pendant les mois de novembre et décembre. Au cours de cette période les commerçants s’approvisionnent en oignon en provenance des Pays-Bas via la Côte d’Ivoire. Marchés et flux d’échalote/oignon au niveau national : les 3 principaux bassins de production, d’échalote/oignon à savoir : la zone Office du Niger, le pays Dogon et la zone périurbaine de Bamako (Kati, Koulikoro), déversent leurs productions sur le grand marché de Bamako qui à son tour dessert les petits marchés de la région de Bamako. Il existe des flux d’exportations dirigées vers la sous-région (Guinée, Sénégal, Mauritanie, Côte d’Ivoire et Burkina Faso). L’exportation d’échalote se fait à partir du grand marché de Bamako pour la Guinée et à partir de Sikasso pour la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Il existe deux flux d’importations d’oignon : celui des oignons d’origine néerlandaise qui viennent sur le Grand marché de Bamako via le Sénégal (Dakar) et la Côte d’Ivoire (Abidjan) et l’oignon Galmi en provenance du Niger.

Les acteurs de la filière échalote/oignon sont organisés et structurés par maillon de la base au sommet (village, cercle, régional) et, fédérés au niveau national au sein de l’IFEO (ou Interprofession Echalote et Oignon) qui a son siège à Mopti. Les relations commerciales entre les acteurs des différents maillons sont quasiment à vue, basées sur la routine commerciale. Il n’y a presque pas de contrats formels. Il y a un besoin de formaliser des articulations entre les acteurs de la filière au niveau micro, avec la mise en place des microprojets intégrateurs autour des transformateurs, des conservateurs et des commerçants pour établir des ponts solides entre le maillon amont de la filière (production) et les maillons en aval (transformation et commercialisation).
La place qu’occupe la sous-filière échalote/oignon dans l’économie malienne est imputable aux diverses actions des Partenaires Techniques et Financiers (PTF) à travers leurs appuis/accompagnements aux acteurs directs de la filière sur le plan technique, organisationnel et institutionnel. Les acteurs publics, les acteurs de la recherche – développement et les PTF jouent un rôle important dans la production et la valorisation de l’échalote.
Les principaux acteurs de production d’échalote/oignon se présentent comme suit : les Petits producteurs qui cultivent une superficie de 0 à 10% ha soit 1000 m2 ; les Producteurs moyens cultivent 11 à 20% ha soit 2000 m2 et les grands producteurs cultivent une superficie plus de 20% ha soit plus de 2000 m2.

Comment se lancer dans la culture des oignons :

L’oignon est un des légumes crus les plus commercialisés grâce à sa durée de conservation relativement longue. Si l’Afrique occupe une place inférieure sur le marché mondial d’exportation des oignons (statistiques FAO) en raison du manque de contrôle de flux transfrontaliers et de la non maîtrise des méthodes de conservation, la cuisine traditionnelle africaine quant à elle utilise les oignons dans presque tous les plats pour leur valeur nutritive. Un africain consomme en moyenne 3,3 kilogrammes d’oignon par an. En conséquence, la consommation d’oignons est très élevée sur le continent africain, ce qui en fait un marché dynamique et florissant pour les affaires.
Les connaissances nécessaires
Pour se lancer dans la culture des oignons, il faut avoir des connaissances sur la saison et le climat adaptés à la culture des oignons. Il faut également prendre connaissance de l’équipement utilisé pour l’aménagement le terrain, les types de semis, et l’entretien nécessaire pour une bonne récolte.
La saison des oignons débute généralement en fin septembre, et s’achève en avril. L’oignon se développe bien en zone tropicale sèche de basse altitude, plus précisément en climat sahélien. Quant à l’aménagement du terrain, il s’effectue 1 mois avant la mise en place définitive des plantes et inclut le défrichage du site, le nettoyage, le labour. Le labour se fait en formant des billons ou des planches.
On note trois modes de semis de l’oignon :
– Le semis direct, qui se fait de novembre à mi-décembre : rendement légèrement moins élevés ;
– Le semis en pépinière, entre novembre et décembre : rendement moyens ;
– Le semis à partir des bulbilles : rendements plus élevés, mais avec plus de contraintes, car les bulbilles (petits oignons) sont d’abord récoltées, conservées et ensuite replantées.
NB : la récolte des oignons se fait entre 3 et 3 mois et demi (ceci exclut la période à la pépinière), quand les feuilles jaunissent, ou se courbent. Il est conseillé d’arrêter l’irrigation entre 10 et 15 jours avant la récolte.

Comment apprendre ?
La culture des oignons ne nécessite pas une formation particulière. Avec l’arrivée des nouvelles technologies, on peut apprendre dans les tutoriels vidéos et écrits en ligne, ou de manière plus sûre, auprès des agriculteurs locaux.

Combien faut-il pour se lancer ?
Pour une très petite entreprise, on peut commencer avec un budget de 150 000 FCFA (environ 228 euros) si la main d’œuvre est assurée par les porteurs de projets eux-mêmes et le terrain de culture déjà acquis. Pour une production industrielle, le budget peut s’élever à 2,8 millions FCFA (environ 4 300 euros) répartis dans la fabrication de la pépinière, la main d’œuvre, les intrants et l’irrigation.

Quel matériel ou équipement ?
En Afrique, la culture des oignons est généralement exercée avec des outils manuels (houe, pelle, pioche) ou attelés (charrue) et une irrigation à l’aide d’une motopompe. Il faut également prévoir une pépinière (fumier et engrais, semences, produits phytosanitaires, eau), et un moyen de transport pour la récolte.

Où s’approvisionner ?
Pour ce qui est des semences, la production locale de graines est difficile (pour les pays en zone tropicale), car elle a lieu la deuxième année de culture en zone tempérée. On utilise alors des graines importées pour la plupart du temps.

Comment trouver des clients ?
Les oignons produits sont destinés au marché local ou international, en fonction de la taille de l’unité de production. La clientèle est ainsi constituée des ménages de la localité, et des revendeurs pour les marchés extérieurs.

A quel moment/volume devient-on rentable ?
Le rendement à l’hectare est de 10 à 20 tonnes en moyenne, en milieu adéquat. Ce qui équivaut à 130 sacs d’oignon de 80 à 100 Kg. Ce rendement peut, dans des conditions de bonne conduite de la culture, atteindre 40 à 70 tonnes par hectare.

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