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dimanche, 26 septembre 2021

Commerce de la viande : Malgré la subvention de l’Etat, les bouchers rasent le mur

La subvention de la viande par l’Etat malien, en vue de faire baisser le prix du kilo de la viande aux consommateurs maliens, cause, aujourd’hui beaucoup de tort aux bouchers dont les affaires ne font que péricliter. Conséquence, beaucoup d’entre eux font le rebelle contre la mesure prise par le gouvernement malien.

Le gouvernement, à travers le ministre en charge de l’Industrie et du Commerce Mohamoud Ould Mohamed, a signé un protocole d’accord le 12 juillet 2021 avec les bouchers de Bamako et de Kati représenté le président de la fédération des syndicats des bouchers par Hamsoulaye Diallo.

L’objectif de ce protocole d’accord, qui s’étend en une période de deux mois renouvelable, était de réduire de 500 F CFA le prix du kilogramme de la viande sur le marché. Avec cet accord, le prix du kilo de la viande  avec os devait revenir à 2300 F CFA et celui du kilo de la viande sans os à 2800 F CFA. Deux semaines après la signature de cet accord, notre équipe de reportage a cherché à savoir si ces prix sont respectés par les bouchers.

Le constat est triste. En effet, si  le kilo de la viande est cédé au prix fixé par les plus hautes autorités par certains bouchers de la capitale, d’autres, plus nombreux, jouent au rebelle.  Et pour cause,  malgré la subvention de 45 000F de l’Etat sur chaque bœuf abattu, la majorité des bouchers de la capitale se disent ne pas s’en sortir et affirment enchainer les méventes depuis leur accord avec le gouvernement.

Soumaïla Kodio président des bouchers de Niamanan explique que cette subvention n’aide en rien les bouchers.  Il a commencé ce métier dans les années 1990 auprès de son grand-père qui était boucher. Il déclare n’avoir jamais rencontré autant de difficultés dans ce métier que maintenant. « Je connais au moins une quinzaine de bouchers qui sont retournés aux champs, et d’autres même sont en prison après avoir fait faillite parce qu’ils n’arrivent plus à faire de bénéfice. Imagine, j’ai acheté mon bœuf à 400.000 F CFA après avoir tout vendu, il me manquait 85 000F pour combler la somme investie.  Et quand j’ai reçu les 45 000F de subvention,  il me manquait toujours 40.000F. Est-ce qu’on peut parler de bénéfice en ce moment ? », s’interroge le boucher.

  1. Kodio estime que le gouvernement doit renoncer à sa proposition de subvention en cherchant plutôt à baisser le prix des bœufs chez les éleveurs. « Avec cette subvention, nous ne pouvons pas abattre des bœufs de meilleure qualité dont les prix varient entre 350.OOO F CFA et 400.000F. Même avec la subvention, les bouchers ne s’en sortent pas. Les bœufs sont vendus très chers par les éleveurs qui font de la surenchère depuis qu’ils ont eu échos de la subvention du gouvernement. Conséquence, actuellement les viandes qu’on voit sur le marché ne sont vraiment pas de bonne qualité. Certes, elles proviennent des bœufs qui sont saints, et dont la vente est autorisée par les services vétérinaires, mais elles ne sont pas de la meilleure qualité», regrette notre interlocuteur.

Même sentiment chez Madou Coulibaly, boucher au marché de Konatébougou. « Même avec la subvention, on ne s’en sort pas. On est piégé par cet accord. Regardez par vous-mêmes, vous voyez combien de bouchers ici ? Les gens abandonnent de plus en plus ce métier. C’est pourquoi d’ailleurs la viande se fait rare. D’autres pensent que c’est parce que nous venons de la fête, mais ce n’est pas cela.  C’est juste qu’on ne peut pas vraiment vendre au prix de la subvention ou nous crevons de faim», explique Madou Coulibaly.

Pour sa part Awa Keita mère au foyer a bien peur que cette situation ne perdure. « Nous ne le sentons pas maintenant parce qu’on a nos frigos remplis de viande de mouton. Sinon la viande est absente sur le marché » a-t-elle fait le triste constat.

investirmali.com

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