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dimanche, 26 septembre 2021

Activité minière dévastatrice des Chinois à Naréna : La jeunesse sur les nerfs envoie une missive au Maire

La jeunesse de la commune rurale de Narena dans le cercle de Kangaba est déterminée à freiner toutes les activités minières des chinois (en complicité avec plusieurs autorités de la commune) qui dégradent considérablement leur environnement. Les champs, les cours d’eau, les forêts de la commune sont envahis et subissent de graves attaques de nature à porter atteinte au développement de la commune et à la stabilité sociale de la commune. Après avoir tout tenté pour obtenir un règlement à l’amiable à ce problème, la jeunesse de la commune s’apprête à sauter sur le ring pour protéger de force ce qui reste de leur moyen de survie. Une lettre d’avertissement a été envoyée dans ce sens au maire de la commune de Naréna présumé aussi complice dans cette affaire.     

 « En tant que fils du village de Naréna et de la commune, dont vous êtes Maire, nous faisons notre devoir de vous informer, si vous ne l’êtes pas déjà, sur la  grave menace qui plane sur les terres agricoles, les cours d’eau, les forêts de la commune rurale de Narena dans le cercle de Kangaba. Aussi, nous, la jeunesse, attirons de façon citoyenne, l’attention de tous les responsables, le Maire, le chef de village , les élus communaux, les administrateurs de la commune, les religieux, des ressortissants de Narena sur le fait que la CORRUPTION qui a eu lieu autour de ces permis de recherche pourrait provoquer des conflits au sein des familles propriétaires des terres », introduit la lettre des jeunes de Naréna regroupés au sein d’un grand mouvement de contestation contre les activités minières très dévastatrices des chinois.

Qu’est ce que les jeunes reprochent aux chinois ?

En effet, introduits avec la bénédiction des autorités locales depuis un certain temps, les chinois procèdent, avec un matériel gigantesque et performant, au creusage d’énormes trous sur des parcelles agricoles appartenant aux populations. Cela, au vu et su des autorités traditionnelles et administratives du village, sans que personne ne daigne dire « stop ». En effet, le hic est que les chinois, dévastateurs, ont des permis de recherche qu’ils tiennent des autorités du village.

Dans leur lettre d’avertissement, les jeunes de Naréna questionnent aussi le Maire sur les avantages que tirent les villageois et la commune de ces activités minières des Chinois. « On a le droit de se poser des questions : « Dans le contrat Etat/Exploitants chinois, que gagnent les populations en lieu et place des terres spoliées et perdues à jamais ? L’agriculture, principale économie nationale, doit-elle être sacrifiée au profit de l’exploitation anarchique de l’or dont les revenus partent ailleurs ? Comment seront compensés les inimaginables dégâts causés sur l’environnement ? », s’interrogent les jeunes contestateurs.

Par ailleurs, ils rappellent à ceux qui ne le savent pas, que l’or était exploité de façon artisanale depuis des siècles dans la zone, et qu’il faisait bon ménage avec l’agriculture n’ayant  pas de grands dégâts sur l’environnement. «  D’ailleurs, il était une sorte de sécurité pour les populations pendant les années de mauvaises récoltes.

Aujourd’hui, si toutes les réserves sont exploitées et emportées par les étrangers, que restera-t-il aux populations ? Que les trous, des produits toxiques et des montagnes d’argiles qui, surement, vont boucher les quelques cours d’eaux existantes dans la commune. Si les contrats signés avec les chinois apportent une plus-value, les populations l’ignorent et n’en ressentent aucun effet sur le plan socio-économique », dénoncent les auteurs de la lettre adressée au maire de la commune de Naréna.

Les jeunes rappellent aussi au maire les efforts personnels qu’ils ont consenti avec les partenaires, pour remblayer des milliers de trous (4600 à Kouroubambé ; 3921 à Sodjanfè ; 3500 à Kinkin ; 3 000 à Djelibani) planter des arbres et curer des dizaines de rivières. «

Monsieur le Maire, il est anormal de regarder passivement tous ces acquis partir comme une paille en feu. L’avenir de notre commune réside  dans son environnement », ont-ils lancé ce cri de cœur.

Youssouf Z KEITA

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