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jeudi, 7 juillet 2022

Les sanctions de la Cédéao : « Une impasse pour le Mali comme pour ses voisins frontaliers »

Des bus à destination des pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) immobilisés dans une gare routière de Bamako, à la suite de la fermeture des frontières, le 11 janvier 2022.

Depuis le 9 janvier, le Mali est soumis à un embargo économique qui limite les échanges commerciaux avec ses partenaires de la Cédéao aux seuls biens de première nécessité. Une situation qui affecte lourdement l’économie du pays, mais également celle de ses plus proches partenaires.

Reprochant aux autorités de transition de ne pas avoir tenu leurs engagements quant à l’organisation d’élections, la Cédéao a décrété la fermeture des frontières du Mali avec ses États membres ainsi qu’un embargo économique et financier.

La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a également suspendu ses aides financières au Mali et gelé ses avoirs, réduisant drastiquement les capacités d’investissement de l’État.

Pour mieux comprendre les implications de ces sanctions pour le Mali et pour la sous-région, France 24 s’est entretenu avec Thierno Thioune, économiste et enseignant à l’UCAD, l’université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Thierno Thioune : le Mali est un pays immense, enclavé, sans frontière maritime, qui dépend en grande partie des importations. Celles-ci transitent par ses cinq frontières et notamment par les deux grands ports de la région que sont Dakar et Abidjan.

L’application immédiate de ces sanctions, dès le 9 janvier, a eu un fort impact dans le domaine des transports car de nombreuses commandes en cours d’acheminement se sont retrouvées bloquées. Plusieurs centaines de camions circulent quotidiennement sur l’axe Dakar-Bamako, l’une des principales routes d’approvisionnement du Mali.

Si les biens de première nécessité tels que la nourriture, le carburant ou les médicaments, qui représentent près de la moitié des importations, sont toujours autorisés à circuler, de nombreux produits essentiels à l’économie malienne, comme le ciment et le fer, les voitures d’occasion importées depuis l’Europe par les ports, le matériel informatique ou bien les équipements de transport sont eux totalement bloqués.

On observe déjà une ruée sur certains biens qui pourrait conduire à une forte inflation si la situation perdure. Le gel des avoirs de l’État ainsi que des financements de la banque centrale vers le Mali risque, par ailleurs, d’entraîner une pénurie de liquidités et une situation de défaut de paiement.

Quels partenaires commerciaux sont les plus concernés par ces sanctions ? D’autres acteurs régionaux peuvent-ils compenser ces pertes économiques pour le Mali ?

Les deux partenaires du Mali qui souffrent le plus de ces sanctions sont le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Plus de 20 % des importations maliennes proviennent du Sénégal et 80 % de son fret passe par Dakar. C’est son premier fournisseur international, devant la Chine, puis la Côte d’Ivoire (environ 10 %).

L’embargo, pourtant soutenu par ces deux pays, représente une perte importante pour leurs économies, d’autant plus qu’il les prive également des exportations maliennes, notamment de coton, d’or ou de bétail, qui, contrairement à la viande, n’est pas considéré comme une denrée de première nécessité.

En Côte d’Ivoire, les commerçants maliens affectés par les sanctions de la Cédéao. Du côté du Mali, l’effet de l’embargo est difficilement contournable. Trois pays frontaliers ont maintenu leurs frontières ouvertes, la Mauritanie, l’Algérie et la Guinée.

Redaction
InvesitirMali

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