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dimanche, 18 avril 2021

Transition malienne : Le Cnsp est mort, vive la République !

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La nouvelle est tombée quelques jours après la tenue le 23 janvier 2021 du sommet virtuel des chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao et au cours de la visite du président de la Transition à son homologue français, Emmanuel Macron. Le Cnsp est désormais dissous.

En effet, faisant preuve d’une fermeté renouvelée à l’égard des putschistes du 18 août 2020, la Cedeao enjoint aux autorités de la Transition de dissoudre le Cnsp et d’organiser dans les quatorze mois à venir la passation du pouvoir à des autorités civiles élues démocratiquement. A l’unanimité, et sans qu’aucune voix discordante ne s’élève en leur sein, les premiers responsables de l’organisation sous-régionale ouest africaine ont décidé de réaffirmer deux des exigences majeures, par eux formulées, à l’endroit du Mali lors de la levée de l’embargo décrété à l’issue du sommet extraordinaire du 20 août 2020.

Au constat du peu d’empressement des autorités de Transition, mises en place par les putschistes à aller dans le sens qu’elle avait indiqué, une délégation de l’organisation s’était rendue à Bamako le 12 janvier 2021 afin d’évaluer, selon l’ex-président nigérian Good Luck Jonathan, les progrès accomplis. Il faut croire que le rapport établi à cette occasion par le médiateur en titre de la Cedeao a été suffisamment alarmant pour justifier les injonctions adressées le 23 janvier 2021 au pouvoir en place à Bamako par les chefs d’État de l’organisation.

Avec l’annonce de cette dissolution, un obstacle sérieux au retour du Mali vers une situation politique et institutionnelle normale a, en partie, été levé. Et le spectacle surréaliste d’une junte continuant à prendre des décisions, à faire des nominations notamment, en dépit de l’existence d’organes de Transition mis en place sous la pression de la Communauté internationale, devra désormais être rangé au placard des mauvais souvenirs.

Pour autant, faut- il croire à une conversion subite des auteurs du putsch aux vertus républicaines et démocratiques ? En particulier, l’engagement pris par Assimi Goïta et compagnons d’œuvrer au respect du calendrier électoral imparti par la Cedeao et l’ONU pour la passation pacifique du pouvoir sera-t-il tenu?

Rien n’est moins sûr et, au regard des manœuvres entreprises par les militaires pour avoir la haute main sur la Transition en cours, et surtout en tenant compte de leur obstination à faire cavalier seul, on peut légitimement émettre quelques doutes.

En clair, la prudence reste de mise sur le déroulement de cette période si critique pour l’avenir du Mali et pour celui de sa démocratie.

La Cedeao veillera sans doute sur le processus, comme elle vient de le démontrer lors de son dernier sommet. Mais c’est aux forces sociales et politiques maliennes avant tout de jouer leur partition pour que la transition politique ne soit pas confisquée et détournée de ses fins. Pour ce faire, les partis politiques, notamment le M5/RFP et l’ancienne majorité doivent impérativement changer de stratégie et pour s’impliquer plus activement dans la gestion de la transition.

Jusqu’à présent et ce, depuis le coup d’État d’août 2020, ils se sont davantage illustrés par la dénonciation des choix opérés par les militaires putschistes que par une vraie capacité d’influer sur le cours des choses.

www.investirmali.com

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