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lundi, 19 avril 2021

Lamine Traore, président de l’association des commerçants détaillants de ferrailles et de matériaux de construction du Mali

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« Le ciment est une opportunité de richesse pour l’Etat malien et pour les investisseurs »

A combien de tonnes s’élève la production malienne en ciment ?, d’où vient le ciment consommé au Mali ?, quelles sont les opportunités d’affaires dans le domaine du ciment au Mali?. Dans l’entretien qu’il a bien voulu nous accorder, le président de l’association des Commerçants détaillants de ferrailles et de matériaux de construction du Mali, Lamine Traoré vous édifie sur ces questions. Lisez !   

 

Investir : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Lamine Traoré : Je suis Lamine Traoré. Je suis le promoteur de « La quincaillerie de la jeunesse » situé de Kalaban-coura sur la route de l’aéroport. Je suis aussi le président de l’Association des Commerçants détaillants de ferrailles et de matériaux de construction du Mali. L’association existe depuis 2006. En 2012, nous étions au nombre de plus 300 adhérents. C’est une association nationale. Nous sommes affiliés à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali.

Investir : Monsieur Président, peut-on dire aujourd’hui que les promoteurs maliens de quincaillerie vivent mieux de leur commerce ?

Lamine Traoré : C’est vrai que le moment est difficile pour tous les Maliens de façon générale, mais les acteurs de notre sous-secteur de commerce remercient le bon Dieu. La plupart d’entre nous arrivent à tirer leur épingle du jeu. Cela s’explique par le fait que malgré les différences crises sanitaire et politique, les chantiers ont continué. Le Mali est un pays en chantier. Pour cette raison, nous pouvons dire que nous ne chômons pas.

Investir : Pouvez-vous nous dire quelques problèmes auxquels les promoteurs de quincaillerie sont confrontés au Mali ?

Lamine Traoré : Le gros de nos problèmes vient des agents des services de l’Etat. Les agents sur le terrain nous comprennent très souvent mal. Il s’agit des services INPS, les affaires économiques qui ont changé de nom et les agents de la mairie lors du recouvrement des taxes communales. Mais acceptez que je ne puisse pas rentrer dans les secrets. Car, c’est des petites incompréhensions entre ces agents et nous qui ont toujours trouvé des solutions rapides.

 

Investir : A combien de tonne est estimée la consommation malienne en ciment par an ? D’où le ciment consommé au Mali ?

 

Lamine Traoré : La consommation malienne en ciment est estimée à 3 millions de tonne par an. La moitié soit 1,5 millions de tonne est produite par les usines locales et l’autre moitié vient de l’extérieur du pays. La plupart de ces importations vient du Sénégal voisin. Avant il y avait le Cim Togo et même des usines de cimenterie de la Côte d’Ivoire fournissait le Mali en ciment. Actuellement, beaucoup de commerçants maliens se sont retournés vers le Sénégal où il y a trois à quatre usines de cimenterie.

Au niveau national, nous avons aussi actuellement trois cimenteries qui sont les Ciments et Matériaux du Mali (CMM), la société CIMAF Mali SA et la Société DIAMOND CEMENT MALI SA. Ce sont ces trois usines qui se partagent la production nationale qui est de 1,5 millions de tonne par an pour un besoin de consommation journalière de plus 800 tonnes de ciment.

 

Investir : Monsieur le président, vous l’avez dit vous-mêmes le Mali compte actuellement trois unités industrielles de production de ciment. Malgré tout, le pays continue à importer cette matière. Pourquoi ?

Lamine Traoré : Il est important de rappeler à ce niveau que la création des usines de production de ciment au Mali ne date pas de très longtemps. C’est dans les années de l’indépendance, il y en avait avant d’être fermée. Donc, quand nous nous commençons ce métier, nous avons débuté avec l’importation. Tous les ciments du Mali étaient importés.  Ce n’est que tout récemment que les unités industrielles de ciment ont été installées au Mali. D’ailleurs, c’est ce qui a aussi fait baisser un peu le prix de la tonne du ciment au Mali. Au moment où on importait tout, la tonne de ciment était rarement vendue en dessous de 100 000 F CFA. C’est de 2000 jusqu’en 2010, le ciment se vendait un trop cher. La tonne se vendait souvent même jusqu’à 150 000 F CFA. Mais depuis l’installation des unités industrielles au Mali, le prix de la tonne du ciment a baissé. Et difficilement, il atteint 100 000 F CFA. Nous devons nous estimer heureux de cette production locale et en même temps demander au gouvernement de tout mettre en œuvre pour qu’il y ait plus d’usines au Mali pour le grand bonheur de tous les Maliens. L’aide de l’Etat doit être aussi électrique. Ces usines, malheureusement, ne sont pas opérationnelles 24/24. Elles souffrent énormément de délestage électrique. Ce qui joue aussi beaucoup sur leur capacité de production. Voilà un peu ce qui explique aussi le maintien de l’importation du ciment au Mali.

Il faut encourager les investisseurs à venir implanter des usines de ciment au Mali. Le besoin est là. Et pourquoi pas, ne pas aider les promoteurs maliens de quincailleries à monter une usine. Cela est notre un grand souhait. Nous voulons sortir de l’importation du ciment. On ne peut pas bâtir un pays sans le ciment. Tout le monde a besoin du ciment au Mali. C’est une opportunité de richesse pour l’Etat et pour les investisseurs. Les trois usines actuellement présentes au Mali ne sont pas en mesure de satisfaire le besoin national en ciment.

 

Investir : Monsieur le président, certains maliens continuent à penser, à tort ou raison, que le ciment importé est d’une qualité meilleure que celui produit localement. Qu’est ce que vous en pensez ?

 

Lamine Traoré : Je dis d’emblée que c’est de la désinformation. C’est vrai qu’au début du lancement des activités de Diamond qui est la première usine malienne de ciment, il y a une panne technique. Cela a posé pas mal de problèmes au niveau de production en son temps. En temps qu’association nous avons alerté les responsables de l’usine par rapport à cela. Ils ont même remboursé l’argent de la plupart des commerçants qui s’étaient plaints de la qualité de leur ciment. Je précise que cela est arrivé une seule fois. Et après nous n’avons jamais rencontré de tel cas.

Tous les ciments du type de CPJ 32, qu’ils soient produits localement ou importés, ont les mêmes valeurs. Il n’y a pas un ciment qui est mieux qu’un autre. C’est les mêmes qualités. Mais, il y a d’autres types de ciment, comme la CPJ 45 et la CPA qui sont produits essentiellement pour les ponts. Et à ma connaissance, les unités industrielles maliennes sont beaucoup focalisées dans la production du type de ciment CPJ 32 qui est utilisé pour les maisons généralement. Je crois qu’ils ont la capacité de faire les types CPJ 45 et CPA parce que ce sont des usines qui ont les mêmes capacités qu’ailleurs.

 

Investir : Qu’en est-il du fer consommé au Mali ?

 

Lamine Traoré : Le fer consommé au Mali est essentiellement importé aussi. Il y a quelques usines de productions locales qui se sont installées ces derniers temps. Mais elles n’ont pas une grande capacité de production. C’est des usines qui ramassent des métaux ici et les recyclent pour en faire des fers à béton. Le fer importé vient en rouleaux de fil et le travail de finition est fait sur place. Nous, nous commandons avec ces usines de finition au Mali.

 

Investir : Avez-vous un message à l’endroit du public malien ?

 

Lamine Traoré : D’abord je voudrais lancer un appel tous les investisseurs en leur disant qu’il y a une opportunité d’affaires énormes au Mali dans le domaine du ciment. Je les rassure que nous sommes prêts à soutenir pour tous les projets dans ce sens. Je profite pour donner mes contacts : 75 39 56 10 (numéro personnel) et 66 76 11 12 (le magasin).

Je profite aussi pour présenter mes vœux de bonne santé, de prospérité à tous les Maliens.

Réalisé par Youssouf Z KEITA     

 

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